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16 novembre 2011 3 16 /11 /novembre /2011 21:57

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La mise en oeuvre du nouveau gazoduc sous-marin Nord Stream, le 7 novembre, permettra aux pays européens d'accéder aux réserves de gaz russe. Les découvertes de nouveaux gisements pétroliers et gaziers en Guyane, au Brésil, en Asie centrale ou en Afrique de l'Est reculent sans cesse la date du "pic de production", le moment où la production d'hydrocarbures deviendra insuffisante, par épuisement des gisements exploités, pour répondre à une demande mondiale croissante.

Est-ce rassurant ? Ça l'est en tout cas pour les entreprises du secteur, qui voient leurs cours boursiers s'envoler à chaque annonce de nouvelle découverte venant gonfler, leurs stocks, de "réserves prouvées", et leurs actions servir de valeurs refuges à l'heure où même les titres d'Etat sont considérés comme risqués.

 

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Cette confiance des investisseurs leur permet d'investir dans la recherche et la mise en exploitation de nouveaux gisements, qui à leur tour gonfleront bénéfices... et dividendes.

Mais ce cercle vertueux pourrait bien s'enrayer à moyen terme.

 

 

UN RÉCHAUFFEMENT DU CLIMAT DE 6° C ?

 


En effet, l'Agence internationale de l'énergie (AIE), dans son rapport World Energy Outlook 2011 publié le 9 novembre, révèle, chiffres à l'appui, que la combustion de l'énergie fossile (pétrole, gaz et charbon) produite actuellement et dans les années à venir par les équipements existants en 2010 (usines, transports, bâtiment) provoquera, à l'horizon 2050, un réchauffement du climat de 6° C, alors que les climatologues estiment que nos écosystèmes et notre économie planétaire ne pourraient absorber sans catastrophe majeure qu'une élévation de température de 2°C : c'est d'ailleurs ce seuil qui a été fixé par la communauté internationale lors du sommet des Nations unies sur le climat à Cancun (Mexique) en 2010.

 

Dans ces conditions, affirme l'ONG britannique spécialisée dans l'analyse du risque climatique Carbon Tracker Initiative (CTI) dans une étude rendue publique à Paris le 10 novembre, soit les réserves fossiles prouvées, qui représentent, si elles sont brûlées, 2 795 gigatonnes d'émissions de CO2, le seront effectivement et provoqueront une catastrophe climatique.

 

Soit elles ne le seront pas, précisément pour éviter cette catastrophe, et la valorisation actuelle des entreprises du secteur énergétique n'a pas de sens économique, car elle ne tient pas compte de ce "risque climatique".

"50 % de la valeur attribuée par les analystes financiers aux majors pétrolières provient des bénéfices prévus au-delà de dix ans, ceux qui seront tirés de l'exploitation des réserves", note Stanislas Dupré, du cabinet de conseil Compta Durable, partenaire de CTI. Les sommes qu'investissent aujourd'hui les compagnies pétrolières ou minières pour rechercher ou pouvoir exploiter de nouveaux gisements, ne permettront de produire qu'à des horizons de cinq à dix ans.

Mais d'ici là, peuvent survenir un accord international limitant les émissions de CO2 aux 450 ppm (particules par million) indispensables pour respecter la limite des 2°C en 2050, la fixation d'un prix élevé de la tonne de C02 qui renchérirait considérablement le coût des énergies fossiles, une taxation dissuasive de la production de ces énergies, ou des difficultés croissantes des compagnies à faire accepter par l'opinion, les pouvoirs publics et les consommateurs l'extension ou la poursuite d'une activité considérée comme dommageable pour l'environnement.

 

 

"CALCUL DE RENTABILITÉ"

 


Certes, les investisseurs peuvent estimer que toute taxation, réglementation ou restriction de la production d'énergie fossile ne fera qu'augmenter le prix de ces dernières, et donc leurs bénéfices.

Mais ce raisonnement ne les met pas à l'abri d'une éventuelle taxation des bénéfices eux-mêmes, ou encore "à la source", c'est-à-dire dès l'extraction, une éventualité de plus en plus discutée entre les négociateurs du climat car elle aurait l'avantage de frapper un petit nombre d'acteurs éminemment solvables - les producteurs d'énergie - quand la taxation de la consommation touche des milliers d'acteurs de toute nature.

Plus "constructifs", les producteurs rétorquent à ce raisonnement que leurs scénarios d'investissement tiennent compte du risque climatique.

Dans les scénarios de Shell pour 2050, on lit ainsi que "même si l'on réussissait à conserver la part actuelle des énergies fossiles par rapport à l'ensemble des énergies et à répondre ainsi à la demande croissante, les émissions de CO2 pourraient atteindre un niveau tel qu'elles constitueraient une véritable menace pour le bien-être de l'homme. (...) Il va être de plus en plus difficile de maintenir les niveaux souhaitables de concentration de CO2 dans l'atmosphère".

Chez Total, "le calcul de rentabilité de tous les projets d'exploration-production se voit affecter un coût théorique de 25 euros constant par tonne de CO2 émise, explique Manoelle Lepoutre, directeur développement durable et environnement. Ce qui nous a amenés à revoir deux de nos projets". Total mène aussi des programmes de recherche pour améliorer l'efficacité énergétique au cours du cycle de vie des produits (plastiques, lubrifiants, carburants), afin de limiter leurs émissions de CO2.

La plupart de ces firmes investissent aussi dans les énergies renouvelables (éolien, solaire). En juin 2011, Total a racheté pour 1,4 milliard de dollars (1,01 milliard d'euros) la société SunPower, ce qui en fait le numéro trois mondial de l'énergie solaire.

Cependant, le groupe prévoit d'investir dans les énergies renouvelables 7 milliards de dollars sur la période 2010-2020 (y compris le rachat de SunPower), contre 16 milliards en exploration-production d'hydrocarbures pour la seule année 2011.

 

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UNE FILIÈRE SOLAIRE À CONSTRUIRE


La part du budget de recherche et développement (7 milliards de dollars de 2010 à 2015) consacrée aux énergies renouvelables sera de 20 %. "La filière solaire reste à construire, explique M. Lepoutre. Lorsque nous investissons dans un champ nouvellement découvert, nous savons quand et à quel coût nous pourrons commencer à produire."

"Pour les investisseurs et les compagnies, le scénario de la production jusqu'à la dernière goutte est, quoi qu'ils en disent, le plus attractif car, à court terme, aucune source d'énergie renouvelable ne garantit le même rendement que les énergies fossiles, estime M. Dupré. Sinon, pourquoi investiraient-ils 450 milliards de dollars en 2010 pour rechercher des gisements qui ne commenceront à produire que dans dix ans ?"

Les hésitations des politiques énergétiques, comme en France la baisse du prix de rachat de l'électricité renouvelable, n'incitent guère à parier sur l'avenir de ces énergies. "La capitalisation boursière ne reflète même pas la répartition actuelle des investissements entre énergies fossiles et renouvelables, note Stanislas Dupré. Le monde financier vit encore sur le modèle énergétique passé au lieu d'investir dans celui qu'il faut construire."

Pourtant, 285 fonds d'investissement internationaux, gérant au total plus de 20 milliards de dollars d'actifs, ont publié le 19 octobre un appel à "une action politique urgente sur le changement climatique". Ils la jugent nécessaire pour "stimuler l'investissement du secteur privé dans la lutte contre le changement climatique" et "assurer la soutenabilité à long terme et la stabilité du système économique mondial".

Marchés et investisseurs ne réagiront à temps que si une volonté politique forte et cohérente incite à l'efficience énergétique, à l'investissement massif dans les énergies nouvelles et à l'augmentation régulière et programmée (et non erratique) du prix des énergies fossiles. "Les politiques en place pour les cinq années à venir forgent les investissements pour les dix années à venir, qui façonneront largement le tableau énergétique global jusqu'en 2050." Ce sont les prospectivistes de Shell qui l'écrivent.

 

Source : Le Monde

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chmapagnon 03/11/2012 20:57

venez voir mon blog qui traite des énergies fossiles et laisser vos commentaires. Merci d'avance

http://energiesfossiles.secondes.info/

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